Rencontre des Délégués de la Jeunesse à Paris. Retour aux origines.
Par Alberto Gómez Gabás, Vice-Délégué Jeunesse pour l’Europe 1
Paris, avril 1833. La ville sent encore la révolution, la poudre et le sang. En quelques années à peine, elle a été le théâtre de guerres, de luttes et de rares instants de paix. Rois déchus, milices armées, militaires élevés au rang d’empereurs… Pourtant, toutes ces motivations révolutionnaires, aussi louables soient-elles, ont engendré haine, souffrance et morts innocentes.
Et malgré tout, des hommes dorment encore dans la rue, des femmes mendient du pain pour leurs enfants, et des enfants dorment dans des coins comme s’ils étaient des animaux.
C’est alors qu’un groupe de jeunes s’est levé et a dit : « ça suffit ». Ils ont fait preuve de courage et ont décidé de se battre pour que l’Évangile ne reste pas simplement un livre, mais devienne une réalité vivante pour toutes et tous. C’est ainsi que Frédéric Ozanam et ses compagnons ont fondé la Société de Saint-Vincent-de-Paul.
Près de deux siècles plus tard, des jeunes vincentiens venus du monde entier, sous l’impulsion de notre Déléguée Internationale Juliana et avec le soutien du Conseil Général International, sommes revenus dans la ville qui a vu naître notre Société. Ce qui n’était alors que sept amis s’est aujourd’hui répandu sur tous les continents.
Ce furent des journées de travail intense, avec un grand engagement de la part de toutes et tous. Étant donné la diversité des pays d’origine, le respect mutuel allait de soi. Ces jours-ci nous ont permis de faire connaissance, de découvrir les réalités propres à chaque région représentée. Nous avons également travaillé à la préparation du prochain jubilé, où de nombreux jeunes du monde entier se réuniront pour accompagner le Saint-Père et être témoins de la canonisation de Giorgio Frassati, patron de la jeunesse vincentienne.

Nous avons aussi trouvé le temps de faire un peu de tourisme, en visitant la Tour Eiffel, Notre-Dame de Paris et le musée du Louvre. Mais le moment le plus émouvant fut sans doute lorsque nous avons pu prier ensemble devant la tombe de notre fondateur, Frédéric Ozanam, et devant celle de notre patron, Saint Vincent de Paul. Tout cela sous le regard maternel de la Vierge Marie, dans cette petite chapelle de la Rue du Bac, où elle est apparue à une jeune novice il y a près de deux cents ans.
Nous avons beaucoup travaillé, mais nous sommes aussi repartis revitalisés. Il reste encore beaucoup à faire et le jubilé approche à grands pas. Alors… Serviens in spe !
